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Historique

L’orthographe du nom a mis longtemps pour se fixer : Yssamolenco en 1275 ; Issamolenc en 1573 ; Issamoulin au XVIIIème siècle…

Origine étymologique

Elle est discutée ! Selon A. Dauzat et Ch. Rostaing (Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France), le nom d’Issamoulenc serait composé du provençal « eissame » = essaim et « moulin » : terrain mou, fondrière. D’après Gilbert Verdier (Toponymes des Boutières in n°5 de « Les Boutières en Histoire »), il s’agirait du terme « exsartum » signifiant un terrain défriché. Selon Georges Massot (com. Pers.), le mot serait à décomposer en « issac » et « molen » ; « enc » serait le suffixe de lieu de « moulenc », lieu mouillé, fangeux et « issa » indiquerait un passage, un gué au milieu d’un marais. Je penche vers cette explication car non seulement beaucoup de toponymes sur le territoire évoquent de l’eau (Riallas, Saynibelle, Mère Font…) mais aussi une caractéristique apparaît : chaque hameau de la commune est séparé de ses voisins par un ou deux ruisseaux limitrophes. La présence d’eau importante à Issamoulenc justifierait à elle seule cette origine de dénomination.

Historique :

L’occupation du sol est très ancienne. Cholvy (« Histoire du Vivarais », 1988) mentionne des figurations schématiques rupestres, anthropomorphes et autres, datées de l’Age du Bronze (de 2300-2250 av. J.-C.). Des pierres à cupules existent mais le tout est très patiné et demande des vérifications. Quoi qu’il en soit, il est certain que le territoire fut occupé dès l’époque romaine, laquelle lègue ses structures d’organisation foncière à la haute époque moyenâgeuse : en effet, Issamoulenc est une villa structurée en manses ; l’un de ces derniers est d’ailleurs donné en partage, en 1100+1110, à Aymeric, abbé de La Chaise-Dieu, et à Humbert, prieur de Saint-Julien d’Orcival (ancien nom de Marcols les Eaux). Par ailleurs, un curé est mentionné au XIe déjà, sans autre précision. Au XIVe, la paroisse est existante et sans nul doute une petite église (ou chapelle ?) est sur site. Elle sera réfectionnée partiellement en 1659, intérieurement comme extérieurement.
Deux administrations se partagent le « pouvoir » : en administration religieuse, Issamoulenc dépendait du diocèse de Viviers, Archiprêtré des Boutières. En administration civile, Issamoulenc dépendait du Parlement de Toulouse, de la Sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg, Gouvernement du Languedoc, Intendance de Montpellier, Subdélégation du Bas-Vivarais. Toutefois, au féodal, Issamoulenc était partiellement rattaché aux mandements d’Ajoux et de Montagut. Au XVe, Issamoulenc est fief des Seigneurs de La Roche en Régnier et des Seigneurs de La Voulte, branche du Comtat de Valentinois, Maison de Poitiers. Au début du XVIIIe, Issamoulenc appartient aux Rohan-Soubise. En 1843, le hameau de Lauche est retiré de la Commune de Saint-Etienne-de-Serres pour être rattaché à Issamoulenc.

Le recensement de 1790 révèle 420 habitants ; en 1891, il y en a 767 et en 1846 : 840 ! En 1911, on en compte 652. La guerre de 1914 apporte son triste lot de morts pour la patrie : 35 hommes sont ainsi portés disparus à l’issue du conflit, ce qui représente 5,6 % de la population. Ces 35 hommes sont morts sur tous les fronts de la tourmente. Cela porte un sérieux coup de frein aux activités. Une preuve : l’usine de fabrique de soie emploie en novembre 1917 : 5 hommes et 35 femmes ; en 1919 : 1 homme seulement sur 35 ouvriers. La seconde guerre mondiale est moins « faucheuse », 3 hommes « seulement » disparaissent, mais il est vrai aussi qu’au recensement de 1936, la population n’est plus que de 379 habitants. En 1946, elle chute à 322 ! Économiquement, la régression est terrible. Entretemps, Issamoulenc reçoit le 6 juin 1944, le souvenir de la Résistance : une plaque commémorative se trouve dans la salle de la Mairie.
En 1982, la population chute à 142 habitants pour atteindre son niveau le plus bas en 1999 avec 96 habitants ! En 1988, le Conseil Municipal décide d’offrir un logement de 4 pièces à une famille ayant au moins deux enfants en âge de scolarité. L’école qui ne compte plus que 6 élèves, est menacée de fermeture. Celle-ci sera effective deux ans plus tard. Le recensement de la population en 2006 dénombrera 104, et le dernier permettra à la commune d’Issamoulenc une légère hausse d’environ 10% avec 109 habitants au 1er Janvier 2012.

Économie :

Celle-ci a toujours été essentiellement agro-pastorale, drainant avec elle toute une série de métiers afférents : maréchal-ferrant (Abeillouze), cordonnier… Il demeure énormément de vestiges de cultures en terrasses, hélas aujourd’hui fondus dans la végétation.
De nombreux vergers (pêchers, cerisiers, pommiers, poiriers) occupaient la population. Parfois, des ouvriers saisonniers y travaillaient.
Une usine de moulinage, appelée « La Neuve », sans doute par opposition à celle de « La Feuille » (appelée aussi « La Vieille ») un peu plus loin en amont, sur l’autre rive de l’Auzène, donc sur le territoire de St Julien du Gua, a été créée vers 1796 par Louis Marc Rang (ou Ranc). Elle sera acquise en 1889, en viager, par Alexandre Coiraton, dont le fils, Alexis, fera tourner l’usine jusqu’en 1946 (comm. Pers. de M. Emmanuel Coiraton).

Durant la seconde guerre mondiale, l’usine fabriquera des vêtements assez raides, de teinte bleue, au départ de balais (genêts) longs et verts que l’on récoltait essentiellement vers La Bâtie. Il y eut même à un certain moment, pénurie de genêts dont se sont plaints les boulangers car le genêt servait de combustible pour les fours à pains !
Avant la première guerre mondiale, l’usine de La Neuve employait plus d’une centaine d’ouvriers. Les filles travaillaient la semaine, y dormaient – un dortoir était aménagé et une cuisine leur offrait un coin repas. Les hommes disposaient d’une cantine mais pas de dortoir. En 1913, le temps de travail s’étale entre 1 journée et 13 jours ; le salaire varie entre 0,80 franc à 3,20 francs/jour en passant par 1,28 F, 1,36 F… (Comm. Pers. De M. Gustave Rourin, lequel aura le triste privilège d’opérer la fermeture de l’usine en 1965). Un petit détail : en mars 1926, l’usine comptera 13 Arméniens sur 58 ouvriers.

Bien entendu, des « cafés » (Cévelas notamment), un hôtel (Foulix) existaient…
A côté, des vergers, vers les années 1970, se sont créés des élevages de poulets, de dindons. Hélas, tout cela a disparu : trop coûteux pour les maisons-mère : les œufs partaient de Bretagne (!) et arrivaient éclos au seuil des poulaillers lesquels travaillaient pour Val Clair.
Il existait donc, économiquement, une dynamique que les années et les conditions économiques comme événementielles se sont chargées d’étioler doucement mais sûrement !
Pour plus de détails sur l’usine de La Neuve, reportez-vous à l’article de M. Yves Morel : « Les mariées d’Issamoulenc », pages 43 à 71, in « Revue du Vivarais », Tome CXV n°1, janvier – mars 2011, fascicule 785.

Curiosités :

Il faut découvrir l’architecture boutiéroise typique pour quelques fermes. Certains linteaux portent des dates (ex. : 1672) assorties de signes ou encore de sculptures en ronde-bosse réalisées sans doute en rite(s) de protection. Pour davantage d’informations, voir l’article de M. Jacques Bury : « La symbolique de protection dans la maison boutiéroise », pages 73 à 84, in « Les Boutières en histoire » n° 5, 2011. L’église, rénovée en 2006, est dédiée à Notre-Dame de La Nativité. La faune et la flore y sont d’une diversité étonnante ! (Photo : l’église vers 1950)

Animations :

L’association « Les genêts fleuris » organise une fête d’été annuelle le dernier week-end de juillet ; à la Noël, elle offre un cadeau aux enfants âgés de moins de 12 ans, tout comme un goûter.
La fête paroissiale se déroule annuellement au mois d’août.
L’association « Le Serret ne manque pas d’avenir » organise des concerts, des promenades.
Enfin, l’usine de La Neuve retrouve une nouvelle jeunesse ! Baptisée « Au fil de soi », la rénovation écologique offre un grand parc en bordure de rivière. Le gîte est composé de 2 chambres, salon, salle à manger, cuisine, salle de bains. En outre, une cabane perchée à plus de 8 mètres, dans un arbre majestueux, offre un dépaysement complet garanti !
La truite de l’Auzène, à 60 % de population de souche méditerranéenne, offre grand plaisir aux férus de pêche. Pour clore, une société de chasse existe sur le territoire.

Texte de M. Jacques BURY, Conseiller Municipal
Photos noir et blanc de la collection de l’auteur

Acrostiches :

Issamoulenc s’éveille aux chants de Germinal.
Sémillante fragrance enivrant Floréal.
Sur les andains frisés, embaume Prairial.
Aux châtaigniers en fleurs tressaille Messidor,
Merveille de l’ombrage apaisant Thermidor.
O Saveurs des jardins honorant Fructidor !
Un tulle au frais vallon enjolive Brumaire.
Le foyer se rallume aux longs soirs de frimaire.
En drap de diamants scintillera Nivôse.
Nuées en draperies festonnent Pluviôse.
Comme un souffle d’espoir a murmuré Ventôse.

Issamoulenc, village au midi d’une serre,
Sur un bel éperon que la nature enserre
Surplombant le manteau des châtaigneraies fières
A la sérénité des vallons des Boutières.
Miroir du ciel d’azur, gazouille la fontaine ;
On peut pêcher la truite au ruisseau de l’Auzène.
Un grand panorama sur le Haut-Vivarais
Lutine l’horizon au velours des forêts.
Et la ferme en granit, au toit rouge, est charmeuse,
Nichée en fleur d’adret dans la fraîcheur ombreuse.
Cours en ruban de Vie, oh route sinueuse !

Acrostiches de Jean Sarramea – Saint Raphaël (83)


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Coordonnées : Mairie, Abeillouze, 07190 Issamoulenc (Ardèche) - Tél : 04 75 66 85 68 - Fax : 04 75 66 86 26 - Courriel : mairie.d-issamoulenc@orange.fr
Horaires d’ouverture du secrétariat : lundi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h30, jeudi de 9h à 12h.

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